La rétroaction : une responsabilité partagée !


La rétroaction, aussi appelée rétro-information, est une composante essentielle du processus d’évaluation. Elle permet au stagiaire de modifier ses actions et ses comportements afin de développer ses compétences et d’atteindre ses objectifs de stage. Elle contribue également au maintien de la motivation du stagiaire et vous renseigne sur l’efficacité de votre encadrement (Bertrand et al., 2016). Elle est au cœur des activités de supervision. Malheureusement, la rétroaction est souvent perçue comme l’unique responsabilité du superviseur. Pourtant, la participation du stagiaire est indispensable.

Comment engager le stagiaire dans le processus de rétroaction ?

Davies et Guckian (2018) suggèrent des astuces pour impliquer le stagiaire dans le processus d’évaluation afin d’optimiser les bénéfices de la rétroaction que vous lui offrez.

Proposer au stagiaire d’effectuer d’abord une autoévaluation de ses habiletés.

Cette étape est importante pour favoriser une prise de conscience de son niveau de connaissances, d’habiletés et de compétences professionnelles. Pour ce faire, le stagiaire analyse les tâches accomplies de façon séquentielle et détaillée. Par exemple, lors d’une intervention, le stagiaire évalue les différentes étapes : la revue de dossier, l’anamnèse, la rédaction de la note évolutive, etc.

Encourager le stagiaire à se fixer des objectifs.

Il est important que le stagiaire se fixe des objectifs mesurables, afin que vous puissiez ensemble évaluer leur réalisation. Il existe différents outils pour organiser et faciliter la rédaction des objectifs notamment la structure SMART (Specific, Measureable, Achieveable, Relevant, Time-bound) ou ABCDE (Audience, Behaviour, Condition, Degree, Estimated period).

 
Demander au stagiaire de discuter de ses objectifs spécifiques avec vous et de les ajuster au besoin.

Cette conversation vous permet de porter attention aux habiletés spécifiques que le stagiaire souhaite améliorer. Vous pouvez alors offrir plus de rétroaction sur les éléments qui lui importent.

Pour faciliter la discussion, il est recommandé de planifier la séance de rétroaction, de commencer par ce que le stagiaire aimerait aborder (son autoévaluation de ses objectifs, sa résolution de problème, son raisonnement), pour ensuite bonifier, poser vos questions et donner des conseils, tout en démontrant une approche de soutien centrée sur le stagiaire (Chowdhury et Kalu, 2004).

Le stagiaire devrait revoir et réajuster ses objectifs à la lueur des rétroactions reçues.

Permettre au stagiaire de vous demander de clarifier votre rétroaction au besoin.

La rétroaction est bidirectionnelle. Votre ouverture devrait permettre au stagiaire de se sentir à l’aise de vous demander des précisions dans les cas où :

  • votre rétroaction est trop générale
  • le comportement désiré, ou l’habileté à maîtriser est incomprise

Inciter le stagiaire à consulter ses collègues étudiants et ses patients pour obtenir de la rétroaction.

La consultation de sources variées bonifie l’évaluation du stagiaire. Les étudiants de la cohorte du stagiaire connaissent bien le niveau où il devrait se situer. Ils peuvent évaluer le stagiaire en tenant compte des apprentissages attendus. Quant aux patients, ils peuvent offrir de la rétroaction à propos des habiletés de communication, de la relation d’aide et de la qualité des services reçus.

Aider le stagiaire à adopter une attitude positive en regard de la rétroaction.

Vous pouvez encourager le stagiaire à percevoir la rétroaction comme une occasion d’améliorer ses habiletés et de cheminer vers l’atteinte de ses objectifs et non comme une critique ou un reproche. Cette habileté lui permettra de s’améliorer tout au long de son programme d’étude et de sa carrière professionnelle.

Favoriser la réflexion du stagiaire en fonction de son expérience d’apprentissage.

Vous pouvez suggérer au stagiaire de prendre des notes pendant la rétroaction ou après l’avoir reçue. Cela lui permettra de se souvenir des éléments-clés de son expérience et d’approfondir sa réflexion. Le stagiaire pourrait notamment utiliser un journal et répondre à des questions spécifiques, reposant sur le cycle expérientiel de Kolb., par exemple :

  1. Quels étaient mes sentiments durant l’expérience ? (EC)
  2. En quoi cette situation ressemble-t-elle à ce que j’ai appris en classe ou dans d’autres stages ?   (OR)
  3. Existe-t-il une théorie pouvant expliquer ce que j’ai observé ou noté ? (CA)
  4. Comment mes nouveaux apprentissages vont-ils changer ma façon de faire dans le futur ? (EA)

Conclusion

L’évaluation est un processus continu, nécessaire au développement professionnel. L’engagement du stagiaire dans le processus de rétroaction et l’enseignement d’attitudes positives vis-à-vis la rétroaction dès les premiers stages lui permettront de s’améliorer tout au long de ses études et de sa carrière.

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Références

Chowdhury, R. et Kalu, G. (2004). Learning to give feedback in medical education. The Obstetrician & Gynaecologist (6), 243.

Davies, K. et Guckian, J. (2018). How to ask for and act on feedback: practical tips for medical students. MedEdPublish, 7.

Kolb, D.A. (2015). Experiential learning: Experience as the source of learning and development. (2e édition). New Jersey: Pearson Education, Inc.

Smaldino, S., Lowther, L. et Russell, J. (2008) Instructional Media and Technologies for Learning, 9th Edition. Englewood Cliffs: Prentice Hall, Inc.

 

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