Système de mesure de l’autonomie fonctionnelle (SMAF)

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Description de l’outil

Quelles sont les caractéristiques du SMAF?

Le SMAF (Hébert, Carrier et Bilodeau, 1988) est essentiellement une mesure de l’autonomie fonctionnelle qui peut être utilisée comme un questionnaire à compléter avec la personne, mais qui peut aussi donner place à certaines tâches pour que l’évaluateur puisse juger du niveau d’autonomie qu’il veut observer.

CaractéristiquesDétails
Nom de l’outil Système de mesure de l’autonomie fonctionnelle
Acronyme SMAF
Concepteurs Hébert, R., Carrier, R. et Bilodeau A. (Centre d’expertise en santé de Sherbrooke, CESS)
Année de publication Il a été présenté dans un article scientifique pour la première fois en 1988. Cette version a été rendue disponible par le CESS en 1993. 
Format Le SMAF est essentiellement un questionnaire sur les activités quotidiennes. 
Coût d’achat Variable selon le lieu d’acquisition. Au ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec : 50 $.
Coût d’utilisation Aucun
Formation requise La formation pour l’utilisation du SMAF n’est pas obligatoire, mais elle est possible, en ligne, par l’intermédiaire du CESS. 
Accès au SMAF La version la plus récente du SMAF est disponible dans un formulaire proposé par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec : Outil d’évaluation multiclientèle. Autrement, il est possible de se le procurer directement au CESS : Dave Marcheterre au Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Quel est l’objet d’évaluation du SMAF?

Le SMAF est un des éléments de la Démarche SMAF, qui compte un ensemble d’outils, tous dédiés à l’autonomie fonctionnelle. À l’origine, le SMAF a été conçu pour mesurer l’autonomie des personnes âgées dans toutes les sphères de leurs activités quotidiennes, en prenant en compte l’environnement de la personne, les ressources dont elle dispose et leur stabilité. Un score de handicap résulte de l’évaluation et il est établi selon l’autonomie de la personne et la présence de ressources adaptées à ses besoins. Le SMAF peut donc être utilisé pour déterminer le niveau d’autonomie, mais aussi pour indiquer aux intervenants les sphères qui demandent attention.

En quoi consiste le SMAF?

Le SMAF est proposé sous forme de feuillet papier ou en version électronique. Il permet d’évaluer 29 fonctions qui sont regroupées sous cinq domaines :

  • les activités de la vie quotidienne : se nourrir, se laver, s’habiller, entretenir sa personne, fonction vésicale, fonction intestinale, utiliser les toilettes;
  • la mobilité : transferts, marcher à l’intérieur, installer orthèse ou prothèse, se déplacer en fauteuil roulant à l’intérieur, utiliser les escaliers, circuler à l’extérieur;
  • la communication : voir, entendre, parler;
  • les fonctions mentales : mémoire, orientation, compréhension, jugement, comportements;
  • les tâches domestiques : entretenir la maison, préparer les repas, faire les courses, faire la lessive, utiliser le téléphone, utiliser les moyens de transport, prendre ses médicaments, gérer son budget.

Pour chacune des fonctions, une échelle de 0 à – 3 est proposée pour indiquer le niveau d’autonomie ou d’aide requise (0, 0,5, – 1, – 2, – 3) : 0 indique que la personne est parfaitement autonome alors que – 3 indique que la personne est totalement dépendante. Ces niveaux sont pondérés en fonction des ressources disponibles pour combler les besoins d’aide. Finalement, la stabilité des ressources est indiquée.

Quelles sont les qualités métrologiques du SMAF?

Les qualités métrologiques du SMAF ont été examinées dans plusieurs études et au fil du temps, certaines bonifications de l’outil original ont été réalisées.

QualitésDescription
Validité de
contenu
La validité de contenu du SMAF est reconnue et repose sur le concept d’autonomie et de handicap proposé par l’OMS, qui est assez global et multidimensionnel.
Validité de
critère
La validité de critère du SMAF a été étudiée et s’avère excellente en fonction d’une forte corrélation entre les résultats au SMAF et le nombre d’heures de soins requis par la personne évaluée (Hébert et al., 1988).
Fidélité test-retest La fidélité test-retest est excellente (r = 0,95), ce qui en fait un bon outil pour la mesure du changement (Desrosiers, Bravo, Hébert et Dubuc, 1995; Hébert et al., 1988).
Fidélité interjuges La fidélité interjuges est bonne (k = 0,75) (Hébert et al., 1988). Certains ajustements subséquents à la version d’origine ont amélioré ce niveau de fidélité (CCI variant de 0,93 à 0,98) (Desrosiers et al., 1995).

Quels sont les avantages et les limites du SMAF?

Le concept d’autonomie qui est à la base du SMAF est très global. Il permet d’évaluer non seulement les capacités fonctionnelles, mais aussi les ressources dont dispose la personne. Pour l’élaboration d’un plan d’intervention, il est donc un outil très intéressant. Il est relativement facile à utiliser par tous les intervenants du réseau de la santé. Certains diront que la passation est un peu longue, mais elle est tributaire du concept sous-jacent global et multidimensionnel.

2. Passation et cotation du test

Le SMAF est un test administré par l’évaluateur, soit en questionnant la personne ou ses proches, soit en observant certaines des activités qui sont proposées dans l’outil. Lors de l’évaluation de chacune des 29 fonctions, l’évaluateur note le niveau d’autonomie de la personne, s’enquiert des ressources disponibles pour répondre aux besoins de la personne dans les activités où elle n’est pas autonome, et finalement note si ces ressources sont stables ou si elles sont appelées à disparaître dans les prochaines semaines.

L’échelle de cotation proposée pour chacune des fonctions est suffisamment précise pour bien guider l’évaluateur dans les observations qu’il doit faire. Autrement, le SMAF n’est pas standardisé, mais un une formation proposant un guide d’utilisation est disponible sur le Web (Centre d’expertise en gérontologie et gériatrie, 2002).

Il faudra environ 45 minutes à l’évaluateur pour effectuer l’évaluation et la cotation.

Quel est le système de cotation et quelles sont les normes du SMAF?

La cotation de l’évaluation se fait directement sur la grille et simultanément à la passation. L’évaluateur doit inscrire les scores de la personne pour l’autonomie, la présence ou l’absence de ressources et leur stabilité. Un score maximal de –87 est obtenu quand la personne est totalement dépendante pour toutes les fonctions évaluées et qu’elle n’a pas de ressources pour pallier ses incapacités. Ce score total est considéré par les concepteurs comme le score de handicap.

Lorsque le SMAF est utilisé à répétition pour suivre l’évolution de l’autonomie de la personne, une différence de cinq points entre les scores sera dite cliniquement significative. L’objet du SMAF étant de procurer à l’évaluateur un portrait de l’autonomie de la personne, aucune norme n’est requise pour ce qui a trait à l’interprétation des résultats

3. Références

Arcand, M., et Hébert, R.  (1997).  Précis pratique de gériatrie.  Qc: Edisem Inc.

Centre d’expertise en gérontologie et gériatrie. (2002). Guide d’utilisation du Système de mesure de l’autonomie fonctionnelle. Sherbrooke; Institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke.

Centre d’expertise en santé de Sherbrooke. (2015). La grille d’évaluation SMAF. Récupéré au : http://www.expertise-sante.com/grille-evaluation.htm

Desrosiers, J., Bravo, G., Hébert, R. et Dubuc, N. (1995). Reliability of the revised fucntional autonomy measurement system (SMAF) for epidemiological research. Age and Ageing, 24(5), 402-406.

Hébert, R., Carrier, R., et Bilodeau, A.  (1988).  Le Système de mesure de l’autonomie fonctionnelle (SMAF).  Revue de gériatrie, 13, 161-167.

Hébert, R., Carrier, R., et Bilodeau, A.  (1993).  Le Système de mesure de l’autonomie fonctionnelle (SMAF).  Sherbrooke: Hôpital d’Youville.

Hébert, R., Guilbault, J., Desrosiers, J. et Dubuc, N. (2001). The Functional Autonomy Measurement System (SMAF) : A clinical-based instrument for measuring disabilities and handicaps in older people. Journal of the Canadian Geriatrics Society, 4, 141-147.

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