3 types de stratégies pour affronter la vague du syndrome d’épuisement professionnel (SdEP)


Les professionnels de la santé sont de plus en plus conscients du risque d’être atteints du syndrome d’épuisement professionnel (SdEP), communément appelé burnout. Ce syndrome, qui touche 50 % des personnes œuvrant dans le domaine de la santé, entraîne de lourdes conséquences.

 

Qu’est-ce que le SdEP ?

L’OMS (2005, p. 18) définit le SdEP comme « un sentiment de fatigue intense, de perte de contrôle, d’isolement et d’incapacité à aboutir à des résultats concrets ». Le SdEP s’installe de façon sournoise. Sa progression peut suivre les étapes suivantes :

 

Étape 0 : Aucune atteinte. Le professionnel se sent bien.

 Étape 1 : Apparition de légers symptômes du SdEP.

Étape 2 : Apparition de symptômes du SdEP plus envahissants.

Étape 3 : Symptômes du SdEP bien présents. Le professionnel est atteint. Une prise en charge rapide et efficace est alors nécessaire (Laplanche et Olivo, 2017).

 

 

Comment prévenir le SdEP ?

Laplanche et Olivo (2017) proposent des stratégies pour prévenir et gérer les symptômes associés au SdEP à chacune des étapes :

 

Étape 0 : Prévention primaire

 

À cette étape, bien que la personne ne souffre pas du SdEP, elle doit prendre des mesures pour maintenir une bonne santé mentale en faisant d’abord une introspection sur sa qualité de vie. Pour ce faire, elle peut se poser les questions suivantes :

  • Suis-je bien dans ma vie professionnelle ?
  • Est-ce que je me sens libre d’exprimer mes émotions ?
  • Est-ce que je prends assez de temps pour moi ?
  • Comment vont mes relations familiales et ma vie sociale ?
  • Est-ce que je peux séparer ma vie personnelle et professionnelle ?
  • Quel est mon niveau de fatigue ?
  • Est-ce que je vis en congruence avec mes valeurs ?

 

Cette réflexion lui permettra d’éliminer certains éléments nuisibles à sa qualité de vie et de mettre en place des stratégies de prévention telles que la méditation, la pleine conscience, la relaxation, la conciliation travail et vie personnelle, etc.

 

Étape 1-2 : Prévention secondaire

À cette étape, un temps d’arrêt et de réflexion s’impose. La personne devrait prendre le temps de vérifier les symptômes qu’elle ressent sur le plan physique et émotif en se posant les questions suivantes :

  • Est-ce que je présente des atteintes sur le plan physique ? Est-ce que mon sommeil et mon appétit sont perturbés ?
  • Est-ce que je présente des atteintes sur le plan émotionnel ? Est-ce que je m’énerve facilement ?
  • Est-ce que je somatise ?
  • Est-ce que j’éprouve des difficultés de concentration ?
  • Est-ce que je ressens des peurs injustifiées ?
  • Est-ce que je présente des atteintes sur le plan de mon efficacité au travail ? Est-ce que je me sens inutile ?

Tout comme à l’étape précédente, ces questions peuvent guider la personne et l’orienter vers des stratégies de prévention appropriées, notamment l’adoption d’un mode de vie sain qui inclut une alimentation équilibrée, l’exercice physique, une hygiène du sommeil optimale, la relaxation, la visualisation, etc.

 

Étape 3 : Prévention tertiaire

 

À cette étape, une prise en charge telle que la psychothérapie et l'aide d'un professionnel de la santé sont recommandées. Un temps d'arrêt est obligatoire pour que la personne puisse être accompagnée dans sa réflexion sur :

  • Le sens de l’hyperinvestissement au travail et des exigences personnelles.
  • Le retour à l’équilibre dans sa vie.
  • La reconnaissance des signes envoyés par le
  • Le ralentissement de son rythme de vie.
  • La mise en place de ses limites personnelles et professionnelles.

L’intégration des stratégies proposées aux deux premières étapes sera aussi bénéfique à cette étape pour favoriser la guérison.

La reconnaissance des signes avant-coureurs du SdEP, le retour à l’équilibre mental et physique et l’adoption d’attitudes et de comportements protecteurs sont essentiels à la prévention du SdEP. Toutefois, lorsque la prévention est inefficace et que le professionnel de la santé traverse cette lourde épreuve, le SdEP pourra à long terme entraîner un changement positif. La prise de conscience imposée lui permettra de reprendre contact avec une personne négligée depuis un certain temps, soit elle-même (Laplanche et Olivo, 2017).

 

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Références

Laplanche, J. P. et Olivo, L. (2017). Le burn-out, prise en compte, prévention et prise en charge. Revue Francophone d’Orthoptie, 10(1), 26-30.

Organisation mondiale de la santé. (2005). Mental health policies and programmes in the workplace. [PDF]. Repéré à http://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/43337/9241546794_eng.pdf;jsessionid=5EC1E7B11FCFBC226F4658B5D35825D0?sequence=1

 

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