3 principes vous permettant de favoriser le développement des compétences chez vos stagiaires


En tant que superviseur novice ou expert, êtes-vous souvent dépourvu devant la complexité des concepts liés à l’apprentissage de vos stagiaires ? Vous vous êtes possiblement questionné à propos des stratégies à mettre en œuvre pour faciliter le développement des compétences.

Dans ce billet, inspiré des conseils proposés par Gooding et al. (2017), vous découvrirez trois principes découlant des théories de la psychologie cognitive, du comportement, de la neuroscience et de l’éducation en mesure de vous aider à répondre à votre questionnement.

 

La surcharge cognitive s’installe lorsque le stagiaire effectue une tâche présentant un trop grand nombre d’éléments nouveaux. Il subit alors une charge mentale excessive (Legendre, 2005).

Dans cette situation, le stagiaire doit gérer trop de stimuli et d’informations et/ou ne peut pas se référer à ses schèmes pour l’aider à résoudre la problématique.

Pour diminuer la surcharge cognitive, le superviseur peut :

  • Réduire les stimulations externes.
    Par exemple, en sélectionnant un endroit calme (bruit environnant limité et exempt de distractions).
  • Aider le stagiaire à se créer des schèmes simples à complexes.
    Par exemple, en lui suggérant de combiner plusieurs symptômes avec une maladie ou une série d’étapes avec une intervention en particulier.
 

 

Les émotions vécues par le stagiaire vont influencer de nombreuses habiletés cognitives, notamment sa capacité à résoudre des problèmes (Leblanc et al., 2015). Lorsque le stagiaire est d’humeur positive, il adoptera plus facilement une vision globale et complète de la situation. À l’inverse, une humeur négative mènera le stagiaire à se concentrer uniquement sur certains éléments.

De plus, certaines études ont démontré qu’en situation de stress intense (demandes très élevées ou contexte d’évaluation), l’attention est dirigée vers cet élément. La personne priorise alors les stimuli centraux liés au stress, au détriment des stimuli périphériques.

Or, si le stagiaire craint de se faire juger durant une intervention, il focalisera son attention sur le superviseur et sa réaction plutôt que sur le client.

Conséquemment, les informations emmagasinées dans la mémoire à long terme (MLT) porteront davantage sur l’expérience de stress entourant l’évaluation que sur l’acte posé (Leblanc, 2009).

Pour tenir compte des émotions et du stress dans l’apprentissage, le superviseur peut :

  • Inciter le stagiaire à prendre le temps de reconnaître ses émotions avant une intervention.
  • Discuter avec le stagiaire des répercussions que peuvent avoir les émotions sur son apprentissage.
  • Proposer au stagiaire des techniques de relaxation.
  • Préciser au stagiaire que l’évaluation est une occasion de cheminer vers l’atteinte de son but et non de prouver ses capacités.
  • Établir un climat de confiance où le stagiaire se sent en sécurité pour apprendre.

 

 

 

Selon Bjork et Bjork (2009, cités dans Gooding et al., 2017), la rétention de l’information dans la MLT sera plus efficace si l’apprentissage est difficile et conscient.

Par exemple, le fait de structurer et de catégoriser l’information entraînera une meilleure mémorisation qu’une simple lecture.

Afin de promouvoir l’apprentissage actif, le superviseur est invité à :

  • Discuter avec le stagiaire de stratégies de rétention de l’information, telles que l’élaboration (par exemple, inventer une histoire farfelue à partir d’un cas) et la mnémotechnique (par exemple, utiliser la première lettre d’une série de mots pour se souvenir d’un concept).
  • Offrir au stagiaire des occasions de pratiquer et de répéter les procédures.
  • Donner une rétroaction fréquente au stagiaire quant à l’atteinte de ses objectifs liés aux compétences.
  • Poser des questions régulièrement au stagiaire afin de lui permettre de se souvenir de l’information.

Promouvoir le développement de la métacognition en demandant au stagiaire d’expliciter son raisonnement (par exemple, s’informer du cheminement cognitif qui l’a mené à sélectionner le traitement approprié pour un client présentant des caractéristiques particulières).

 

En tenant compte de la surcharge cognitive, des émotions, du stress et de l’importance de l’apprentissage actif, vous aiderez le stagiaire à développer ses compétences. Il pourra résoudre de plus en plus efficacement et rapidement les situations complexes. Son approche s’en trouvera plus souple et efficace.

Vous souhaitez en connaître davantage sur les théories de l’éducation et les stratégies qui favorisent l’apprentissage chez vos stagiaires ? Inscrivez-vous à notre atelier en ligne Appliquer les principes éducatifs à la supervision de stagiaires.


Références

Gooding, H. C., Mann, K. et Armstrong, E. (2017). Twelve tips for applying the science of learning to health professions education. Medical Teacher, 39(1), 26-31.

LeBlanc, V. R. (2009). The effects of acute stress on performance: implications for health professions education. Academic Medicine, 84(10), S25-S33.

LeBlanc, V. R., McConnell, M. M. et Monteiro, S. D. (2015). Predictable chaos: a review of the effects of emotions on attention, memory and decision making. Advances in Health Sciences Education, 20(1), 265-282.

Legendre, R. (2005). Dictionnaire actuel de l’éducation (3e éd.). Montréal, QC : Guérin.

Raynal, F. et Rieunier, A. (2014). Pédagogie, dictionnaire des concepts clés : Apprentissage, formation, psychologie cognitive. Issy-les-Moulineaux : ESF.

 

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